Les dons du Saint-Esprit

Derek Prince
Published: 2019
Last Updated: November 2026
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Les dons spirituels sont des manifestations surnaturelles du Saint-Esprit, accordées pour servir toute l’Église. À partir de 1 Corinthiens 12, cette lettre présente les neuf dons et leur but. Elle rappelle aussi que les dons ne prouvent pas la droiture d’une personne : les croyants doivent être reconnus à leur sainteté et aux fruits de leur vie.
Dans cette série de Lettres d’enseignement, Qui est le Saint-Esprit ?, notre objectif a été d’accroître notre compréhension du rôle et de l’impact du Saint-Esprit dans notre vie. Cet enseignement se concentre sur les merveilleux dons qui sont à la disposition de chacun de nous, croyants, par le Saint-Esprit.
Plus tôt dans cette série, j’ai souligné que le serviteur d’Abraham qui avait trouvé l’épouse d’Isaac était un type du Saint-Esprit. Dans ce récit, lorsqu’Abraham a envoyé son serviteur de Canaan à Paddan Aram chercher une épouse pour son fils Isaac, le serviteur a pris avec lui dix chameaux chargés de présents, dont des bijoux précieux.
Quand le serviteur a trouvé la jeune femme qui devait être l’épouse d’Isaac, la première chose qu’il a faite a été de lui mettre un anneau précieux au nez, bien en vue. En acceptant l’anneau, Rébecca s’engageait à devenir l’épouse d’Isaac.
Si, par contre, elle avait refusé ce présent, elle aurait déshonoré et rejeté Isaac et n’aurait jamais pu devenir sa femme. D’une façon similaire aujourd’hui, Dieu a envoyé son Saint-Esprit avec d’abondantes provisions pour l’épouse de son fils Jésus, l’Église. Les neuf merveilleux dons spirituels en font partie. En acceptant ces dons, l’Église se distingue comme celle qui s’est engagée à être l’Épouse de Christ.
Neuf dons surnaturels
Ces neuf dons sont cités dans 1 Corinthiens 12:8-10. Pour mettre en évidence leur sens exact, je propose la traduction littérale suivante :
- Une parole de sagesse ;
- Une parole de connaissance ;
- La foi ;
- Des dons de guérisons ;
- Des opérations de miracles (littéralement : de puissances) ;
- La prophétie ;
- Des discernements d’esprits ;
- Différentes sortes de langues ;
- L’interprétation des langues.
Tous ces dons sont des « manifestations ». Le Saint-Esprit lui-même est invisible, mais à travers ces dons, il se manifeste. Il agit sur nos sens : nous pouvons voir, entendre ou ressentir les effets de son action.
Ils sont tous « pour le bien de tous » (1 Corinthiens 12:7, Segond 21). Les chrétiens peuvent s’entraider grâce à eux. Ils ont tous un but pratique ; ce sont des outils de travail, pas des jouets. Tous ces dons sont surnaturels. Ils ne sont pas le produit de nos capacités naturelles ni d’une éducation particulière.
Disponibles pour tous
Il est souvent suggéré que ces dons ont été retirés à la fin de l’ère apostolique et ne sont plus à notre disposition aujourd’hui. Toutefois, Paul remercie Dieu pour les chrétiens de Corinthe parce que : « Vous ne manquez d’aucun don de grâce pendant que vous attendez la révélation de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1:7). Il est donc clair que les chrétiens sont appelés à continuer d’exercer les dons spirituels jusqu’au retour de Jésus-Christ.
Les deux premiers dons cités par Paul — la parole de sagesse et la parole de connaissance — sont liés dans la pratique. La parole de connaissance nous communique des faits concernant une situation, puis la parole de sagesse nous indique comment Dieu veut que nous traitions la situation.
Le nom de certains dons comporte deux termes au pluriel, par exemple : des dons de guérisons, des opérations de miracles, des discernements d’esprits, diverses sortes de langues. Voilà qui indique que chaque guérison, chaque miracle, chaque discernement, chaque expression dans une certaine langue est un don. Si un don particulier se manifeste régulièrement à travers une certaine personne, nous pouvons dire que cette personne a ce don.
Reçus — non mérités
Il faut souligner que tous ces dons sont donnés par la grâce de Dieu, et c’est par la foi qu’on les reçoit. On ne peut jamais les mériter. On ne peut jamais être « assez bon » pour les exercer.
En 1941, dans une chambrée d’une caserne de l’armée britannique, au milieu de la nuit, j’ai fait une rencontre puissante avec le Seigneur Jésus-Christ qui a transformé ma vie. Environ une semaine plus tard, dans la même chambrée, j’ai parlé pour la première fois dans une langue inconnue. D’une façon tout à fait inattendue, j’ai continué alors à m’exprimer en donnant l’interprétation dans un bel anglais poétique. Elle traçait les grandes lignes du plan de Dieu pour ma vie et mon ministère, plan qui s’est accompli — étape par étape — tout au long de ma vie.
De 1957 à 1961, j’ai été directeur d’une école de formation d’enseignants africains au Kenya. Durant ce temps, nous avons reçu une visitation souveraine du Saint-Esprit dans notre école. J’ai vu les neuf dons du Saint-Esprit opérer à différents moments dans les réunions avec mes étudiants. J’ai vu également, à des occasions différentes, deux de mes étudiants être ramenés à la vie. Tous les deux témoignèrent par la suite de ce qu’ils avaient expérimenté pendant que leur esprit était sorti de leur corps.
Opérations de miracles
Plus tard, aux États-Unis, j’ai reçu un don inattendu pour venir en aide aux personnes qui avaient des problèmes aux jambes. Quand je les faisais asseoir sur une chaise et que je tenais leurs pieds dans mes mains, la jambe la plus courte s’allongeait devant mes yeux et elles étaient guéries. Certaines personnes ont toutefois suggéré que ce ministère ne convenait pas à un enseignant de la Bible respectable et érudit. J’ai décidé de poser la question au Seigneur et j’ai senti qu’il me donnait cette réponse : « Je t’ai donné un don. Tu peux faire deux choses : soit l’utiliser et recevoir davantage, soit ne pas l’utiliser et le perdre. » J’ai immédiatement décidé que je continuerais à utiliser ce que Dieu m’avait donné et, vraiment, j’ai reçu davantage.
Parfois, j’ai vu la jambe la plus courte s’allonger jusqu’à cinq centimètres. Cette manifestation de la puissance surnaturelle de Dieu a aussi déclenché d’autres miracles. Une fois, sans qu’aucune prière particulière ait été faite, un homme a été guéri de trois graves infirmités et libéré de sa dépendance à la nicotine.
Je me souviens d’une femme qui est venue avec un sac en papier à la main et le talon de l’une de ses chaussures rehaussé de près de quatre centimètres. Quand j’ai pris ses pieds dans mes mains, la jambe la plus courte s’est allongée d’autant. Elle a alors ouvert son sac en papier et en a sorti une paire de chaussures neuves, aux talons tout à fait normaux. Elles lui allaient parfaitement. J’ai finalement décidé que le nom biblique qui correspondait à ce don était « opérations de miracles » (puissance).
Limites des dons spirituels
J’ai trouvé passionnant d’être témoin des différentes manifestations des dons du Saint-Esprit et de les raconter. Mais il est également important de comprendre qu’il y a des limites bien précises à ce que nous pouvons attendre des dons spirituels.
Tout d’abord, ils sont limités à cette vie présente. En parlant des dons de prophétie, des langues et de la parole de connaissance, Paul dit :
« Y a-t-il des prophéties ? Elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? Elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? Elle aura sa fin. Car nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie ; mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. » (1 Corinthiens 13:8-10)
Nous vivons toujours à l’époque « imparfaite », mais quand nous serons passés hors du temps dans l’éternité et que nous aurons ensuite revêtu nos corps glorifiés, nous n’aurons plus besoin des bénédictions partielles qui nous viennent à travers les langues, une parole de prophétie ou de connaissance. La même chose s’applique aux autres dons tels que celui des guérisons ou des miracles. Nos corps glorifiés n’en auront jamais besoin !
Si les gens se préoccupent à l’excès des dons spirituels, cela indique souvent qu’ils sont davantage préoccupés par les choses de cette vie que par celles de l’éternité. De telles personnes ont besoin de tenir compte de l’avertissement de Paul : « Si c’est pour cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Corinthiens 15:19, Segond 21)
Une question de caractère
Plus important encore, le fait d’exercer les dons spirituels ne donne aucune indication sur le caractère d’une personne. Permettez-moi d’illustrer cela avec un exemple plutôt simple. Imaginons qu’un homme paresseux, fourbe et prétentieux reçoive un don — absolument pas mérité — d’un million de dollars. Son caractère ne sera absolument pas changé ; il restera paresseux, fourbe et prétentieux. En fait, il pourrait même être encore plus rempli de suffisance, à cause du million de dollars qu’il a maintenant à la banque !
Cela s’applique pareillement à une personne qui reçoit un don spirituel spectaculaire, qu’il soit de prophétie, de guérisons ou de miracles. Si cette personne était faible et instable auparavant, elle restera tout aussi faible et instable après. Mais ce nouveau don lui donnera une plus grande influence auprès des gens et il lui incombera la responsabilité supplémentaire de l’exercer d’une façon droite et agréable à Dieu.
Un problème majeur dans le christianisme est que les gens ont tendance à évaluer ceux qui ont un ministère davantage en fonction de leurs dons que de leur caractère. L’expérience a pourtant démontré de façon répétée qu’il est possible que quelqu’un exerce des dons de façon spectaculaire et impressionnante tout en ayant cependant de grosses lacunes de caractère. Il arrive même qu’une telle personne utilise ses dons pour masquer les imperfections de son caractère.
En tant que jeune prédicateur, j’admirais beaucoup un homme plus âgé qui avait un ministère marqué par des miracles spectaculaires. Il enseignait aussi avec force qu’il est possible pour un chrétien de vivre sans jamais pécher. Pourtant, il finit par divorcer de sa femme, épousa ensuite sa secrétaire et mourut alcoolique. D’autres prédicateurs bien connus et à succès ont vécu des tragédies personnelles similaires.
Des fruits — pas des dons
Face à de tels cas, les gens réagissent souvent ainsi : « Mais si quelqu’un faisait mauvais usage de l’un de ces dons, Dieu le lui reprendrait sûrement ! » Pourtant, la réponse est non ! Les dons de l’Esprit sont exactement ce que leur nom indique : de véritables dons. Ce ne sont pas des prêts assortis de conditions ou d’un calendrier de remboursement.
« Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables. » (Romains 11:29)
Quand nous avons reçu l’un de ces dons, nous sommes libres de l’utiliser, de mal l’utiliser ou simplement de ne pas l’utiliser du tout. Mais Dieu nous demandera finalement des comptes sur ce que nous avons fait — ou n’avons pas fait — avec les dons qu’il nous a accordés par son Saint-Esprit.
Nous devons toujours garder à l’esprit l’avertissement de Jésus :
« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » (Matthieu 7:16, Segond 1910)
Non pas par leurs dons, mais par leurs fruits — ce qui sera le sujet de notre prochaine Lettre d’enseignement.
Un autre avertissement
Dans Matthieu 7, Jésus a fait suivre cet avertissement d’une mise en garde explicite, montrant que l’exercice des dons spirituels n’est pas nécessairement un passeport pour le ciel :
« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Matthieu 7:21-23)
Cela indique clairement qu’il est possible pour une personne d’exercer des dons spirituels et de commettre l’iniquité en même temps. Qu’est-ce que « l’iniquité » ? C’est prétendre de façon arrogante que ceux qui exercent des dons surnaturels sont au-dessus des lois morales et des normes éthiques divines.
Comment devons-nous réagir ?
Lorsque nous voyons cette arrogance à propos des dons de l’Esprit, nous devons prendre des décisions personnelles difficiles. Comment devrions-nous réagir ?
Tout d’abord, gardons à l’esprit l’avertissement de Paul à Timothée :
« Ne participe pas aux péchés d’autrui ; garde-toi pur toi-même. » (1 Timothée 5:22)
Ensuite, face à ces ministères aux pratiques contraires à l’éthique, rappelons-nous ce que Jésus a dit : le ciel est pour ceux qui font la volonté du Père. Vous et moi devons nous demander : « Quelle est la volonté de Dieu pour ma vie ? Qu’est-ce que mon Père attend de moi ? »
En ce qui me concerne, il me semble que Dieu m’a donné une réponse claire et simple : « Car c’est ici la volonté de Dieu, votre sainteté » (1 Thessaloniciens 4:3). Le Saint-Esprit a ajouté cet avertissement concernant « la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur » (Hébreux 12:14, Darby). Je suis déterminé à poursuivre la sainteté.
Et vous ? Prendriez-vous un moment maintenant pour vous engager envers le Seigneur à faire bon usage des dons du Saint-Esprit ?
Prayer Response
Seigneur, merci de m'avoir accordé ces merveilleux dons du Saint-Esprit. Je les reçois maintenant et je te demande de m'aider à les vivre avec humilité et justesse. Je m'engage sur ce chemin et te demande de me guider. Au nom de Jésus. Amen.

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