L'Esprit de verité

Derek Prince
Published: 2019
Last Updated: November 2026
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La tromperie et les faux-semblants religieux empêchent de recevoir la vérité que Dieu désire au fond du cœur. Dans cette lettre, les Écritures présentent Jésus, la parole de Dieu et le Saint-Esprit comme trois repères pour discerner la vérité, et appellent les croyants à confesser et à abandonner le péché.
Dans cette série de lettres d’enseignement intitulée « Qui est le Saint-Esprit ? », notre objectif est de saisir le mystère de l’Esprit saint. Notre étude de la parole de Dieu nous a permis jusqu’ici de voir sa présence dans la création, son rôle unique dans la Trinité, son existence éternelle, son omniscience et son omniprésence. La partie précédente portait sur sa sainteté et nous rappelait cet aspect de son caractère : il est l’Esprit saint.
Comme je l’ai souligné tout au long de cette série, les Écritures sont notre référence pour entrer en relation avec le Saint-Esprit : elles nous montrent comment nous pouvons réellement le connaître. Jésus parle de cette connaissance à ses disciples dans Jean 14:16-17 :
« Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 14:16-17)
Quand Jésus a promis à ses disciples qu’il demanderait au Père de leur envoyer un Consolateur divin, il a donné à ce Consolateur un nom particulier : « l’Esprit de vérité ». En même temps, il les a avertis que le monde ne serait pas capable de recevoir ce Consolateur.
Le monde ne peut pas connaître
À notre époque, où l’idée même de « vérité » est attaquée, il ne faut pas s’étonner que le monde ne soit pas disposé à recevoir « l’Esprit de vérité », le Saint-Esprit. Pourquoi en est-il ainsi ? Les Écritures nous donnent deux raisons.
Premièrement, depuis le jour où les hommes et les femmes se sont détournés de Dieu dans la rébellion, ils refusent d’accepter la vérité. Pourquoi ? Parce que la vérité dévoile leurs œuvres injustes. C’est pourquoi, comme le dit Romains 1:18, ils sont déterminés à retenir injustement la vérité captive.
Deuxièmement, la rébellion contre Dieu a exposé l’humanité à la domination du dieu de cet âge : Satan, « qui séduit toute la terre » (Apocalypse 12:9). La tromperie est l’arme principale sur laquelle Satan s’appuie pour garder l’humanité fermement sous son contrôle. Pourquoi l’ennemi s’acharne-t-il à nous tromper ? Il sait qu’une fois sa tromperie dissipée, le monde verra la vérité : Satan n’a rien à offrir à qui que ce soit, sauf une place avec lui dans le lac de feu éternel !
Qu’est-ce que la vérité ?
Depuis de nombreux siècles, la philosophie humaine peine à proposer une définition satisfaisante de la « vérité ». Notre monde se pose la même question que Ponce Pilate lors de sa rencontre avec Jésus il y a plus de deux mille ans : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18:38)
Mais la Bible nous donne une réponse comprenant trois points. Premièrement, Jésus a dit : « Je suis […] la vérité » (Jean 14:6). Deuxièmement, en priant Dieu le Père, il dit : « Ta parole est la vérité » (Jean 17:17). Troisièmement, Jean nous dit : « L’Esprit [Saint] est la vérité » (1 Jean 5:6 ; précision entre crochets de Derek Prince).
Ainsi donc, dans le monde spirituel, il y a trois repères pour connaître la vérité : Jésus, les Écritures et le Saint-Esprit. Quand ces trois sont en accord, nous savons que nous sommes arrivés à la vérité, la vérité absolue. Il est important de vérifier ces trois points avant d’arriver à une conclusion. À propos de tout sujet spirituel, nous devons nous poser trois questions :
- Jésus est-il représenté tel qu’il est véritablement ?
- Est-ce en harmonie avec les Écritures ?
- Le Saint-Esprit en rend-il témoignage ?
L’Église se serait épargné bien des erreurs et des égarements à travers l’histoire si elle s’était toujours référée à ces trois repères de la vérité dans sa présentation des enseignements et des révélations. Avant d’accepter ce qui nous est présenté comme la vérité, les trois doivent être présents : Jésus, les Écritures et le Saint-Esprit.
Il ne suffit pas qu’un enseignant de la Parole présente un portrait attrayant de Jésus comme exemple moral parfait, qu’un pasteur bombarde sa congrégation de versets ou qu’un évangéliste impressionne son auditoire par une démonstration exaltante du surnaturel.
Témoigner
Quel est le rôle essentiel du Saint-Esprit dans cette démarche pour discerner la vérité ? Sa fonction caractéristique est de rendre témoignage, comme le déclare 1 Jean 5:6 : « C’est l’Esprit qui rend témoignage. »
L’Esprit rend témoignage de Jésus comme le Fils éternel de Dieu qui a versé son sang à la croix, sacrifice pleinement suffisant pour nos péchés. Selon le cantique classique de Charles Wesley, « Arise, My Soul, Arise » : « L’Esprit répond au sang et me dit que je suis né de Dieu. »
Le Saint-Esprit rend aussi témoignage de la vérité et de l’autorité des Écritures, comme Paul l’a écrit aux Thessaloniciens :
« Notre Évangile ne vous a pas été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l’Esprit saint et avec une pleine persuasion. » (1 Thessaloniciens 1:5)
Ananias et Saphira
Comme nous l’avons vu dans Jean 14:17, Jésus a appelé le Saint-Esprit « l’Esprit de vérité ». Il en découle qu’il ne peut y avoir aucun compromis entre le Saint-Esprit, qui est l’Esprit de vérité, et Satan, qui « est menteur et le père du mensonge » (Jean 8:44). Voilà ce qui a été démontré de façon spectaculaire dans l’Église primitive quand Ananias et Saphira ont menti au sujet de l’argent qu’ils avaient offert à l’Église. Ils avaient affirmé avoir apporté la totalité du prix de la propriété qu’ils avaient vendue alors qu’en fait, ils en avaient gardé une partie.
De toute évidence, l’Esprit de vérité en Pierre n’était pas dupe. Il accusa Ananias d’avoir menti, non seulement aux hommes, mais aussi au Saint-Esprit lui-même, celui qui est l’Esprit de vérité :
« Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit et que tu aies retenu une partie du prix du champ ? S’il n’avait pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias, entendant ces paroles, tomba et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. » (Actes 5:3-5, NEG79)
Trois heures plus tard, Saphira arriva et répéta le même mensonge. Tout comme son mari, elle le paya de sa vie.
Si l’on vous demandait quel était leur péché, vous diriez peut-être que c’était le mensonge. En réalité, le péché dont Ananias et Saphira étaient coupables était l’hypocrisie, autrement dit les faux-semblants religieux. Ils faisaient semblant d’être plus généreux et plus engagés envers le Seigneur qu’ils ne l’étaient en réalité.
Jésus a réservé ses mots les plus forts pour condamner ce péché chez les responsables religieux de son époque. Dans Matthieu 23, il a dit sept fois aux pharisiens : « Malheur à vous… hypocrites ! »
Qu’est-ce que l’hypocrisie ?
Les mots « hypocrite » et « hypocrisie » sont dérivés du mot grec hupokritēs, qui signifie « acteur ». Voici l’essence de l’hypocrisie : jouer la comédie dans le domaine religieux. Il n’y a probablement aucun péché plus commun parmi les gens religieux que l’hypocrisie. En fait, certaines formes de religion l’exigent presque.
Avez-vous déjà remarqué comment l’attitude et le comportement de certaines personnes changent lorsqu’elles entrent dans un cadre religieux ? Elles ne sont plus naturelles, libres ni ouvertes. Saisies d’une sorte de « crispation » invisible, elles se sentent obligées de mettre un masque religieux. Différents courants religieux peuvent exiger des masques différents. Mais peu permettent aux gens d’être vraiment eux-mêmes.
Quand le prédicateur condamne certains péchés, ces gens répondent par un « Amen ! » sérieux mais, en dehors de l’église, ils commettent les mêmes péchés sans que leur conscience le leur reproche. S’ils prient à voix haute, ils emploient un ton de voix particulier et souvent un vocabulaire spécial. Ils ne s’arrêtent pas pour considérer comment un père se sentirait si son enfant s’adressait à lui avec un langage aussi artificiel ou utilisait une telle manière de se conduire pour lui faire bonne impression.
L’exemple de Job
Le Dieu de la Bible ne tolère pas les hypocrites. Cela apparaît très clairement dans l’histoire de Job. Les trois amis de Job ont déversé un torrent de banalités religieuses. Dans le fond, ils ont dit : « Dieu bénit toujours les justes, ils ne souffrent jamais injustement » et, d’autre part, « Dieu juge toujours les méchants, ils ne prospèrent jamais ». Pourtant, les faits historiques démontrent que ce n’est pas vrai. Ce ne sont que des discours religieux !
Quant à Job, il a été entièrement franc. Ce qu’il a dit se résume ainsi : « Dieu ne me traite pas avec justice. Je n’ai rien fait pour mériter tout cela ; mais quand bien même il me tuerait, je garderais toute ma confiance en lui. »
Dans Job 42:7, le Seigneur a révélé ce qu’il pensait de la conduite de Job et de celle de ses amis :
L’Éternel dit à Éliphaz de Théman : « Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. » (Job 42:7, Segond 1910)
Nous devons nous demander : en quoi les comportements religieux hypocrites parmi nous diffèrent-ils du péché d’Ananias et de Saphira, qui leur a coûté la vie ?
Le moment de vérité
À un certain moment de sa carrière, le roi David a été coupable de deux horribles péchés. Tout d’abord, il a commis l’adultère avec Bath-Shéba, la femme de son voisin Urie. Ensuite, pour cacher son péché, il a fait assassiner Urie.
David continuait à adorer régulièrement selon son habitude, il remplissait ses fonctions de roi et continuait de vivre dans le palais royal.
David semblait avoir échappé aux conséquences de ses actes, jusqu’à ce que le messager de Dieu, le prophète Nathan, le confronte à son péché. À ce moment crucial, la destinée éternelle de David était en jeu. Par la grâce de Dieu, David a réagi de la bonne manière : il n’a cherché aucune excuse et n’a rien tenté pour dissimuler son péché. Il a simplement reconnu : « J’ai péché. » (2 Samuel 12:13)
Plus tard, dans le Psaume 51, David a adressé une prière de confession puis une supplication pour recevoir la miséricorde. Les versets 7 et 8 commencent chacun par le mot « Voici », qui exprime la révélation soudaine d’une vérité vitale.
Le verset 7 dit : « Voici, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçu. » (Darby) David avait été confronté à quelque chose que seul l’Esprit de vérité peut révéler. Il ne s’agissait pas seulement des actes pécheurs qu’il avait commis, mais aussi de la terrible puissance de la nature pécheresse héritée, qui habite en chaque descendant d’Adam.
Le verset 8 révèle la seule base sur laquelle Dieu offre la délivrance de la puissance du péché qui habite en nous : « Voici, tu veux la vérité dans l’homme intérieur. » (Darby) Même après son péché, David avait continué d’adopter tous les comportements extérieurs qui convenaient à son rôle de roi. Mais maintenant, il y avait un vaste fossé entre son comportement extérieur et l’état intérieur de son cœur. Il s’était transformé en hypocrite, un acteur jouant un rôle qui ne correspondait plus à ce qu’il avait dans son cœur. Pour cette hypocrisie, il n’y avait qu’un remède possible : une confession honnête et une repentance entière. C’est le même remède pour vous et moi s’il y a en nous de l’hypocrisie.
Un obstacle au réveil
Beaucoup de chrétiens parlent aujourd’hui du réveil et prient à ce sujet. Ils oublient souvent qu’il existe un obstacle au réveil qui ne peut jamais être contourné. Quel est cet obstacle ? Le péché. Jusqu’à ce que le problème du péché soit résolu, un véritable réveil ne pourra jamais venir. Et il n’y a qu’une seule façon de traiter le péché : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde. » (Proverbes 28:13, Darby)
Franchement, de nombreux milieux de l’Église contemporaine sont remplis de « transgressions cachées ». Voici certains des péchés que les chrétiens cherchent souvent à cacher :
- La maltraitance d’un enfant — physique, émotionnelle ou sexuelle — ou une combinaison de ces formes.
- Le non-respect des vœux de mariage.
- La malhonnêteté dans les questions d’argent.
- La dépendance à la pornographie. Vous seriez choqué de découvrir combien elle est répandue parmi les responsables d’Église.
- La gloutonnerie et la satisfaction excessive de nos appétits physiques.
Le remède de Dieu, conjointement avec l’Esprit de vérité, comporte deux étapes : confesser, puis abandonner. Il est rarement facile de confesser nos péchés. Pourtant, il n’y a pas d’autre solution. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité. » (1 Jean 1:9) Dieu ne s’est jamais engagé à pardonner les péchés que nous ne voulons pas confesser.
Mais il ne suffit pas seulement de confesser. Nous devons aussi abandonner. Nous devons prendre la ferme résolution de ne pas continuer à pratiquer le péché que nous avons confessé. Nous devons suivre le bref conseil que Daniel donna au roi Nebucadnetsar : « Mets un terme à tes péchés en pratiquant la justice. » (Daniel 4:27, Segond 1910)
Et vous ?
Si cette lettre a rappelé à votre esprit certains domaines de péché ou de désobéissance dans votre vie, c’est le moment d’ouvrir votre cœur à l’Esprit de vérité ! Il est prêt et disposé à vous venir en aide. Demandons cette aide dès maintenant.
Prayer Response
Cher Père céleste, j’ouvre maintenant mon cœur au Saint-Esprit, l’Esprit de vérité. Je sais déjà qu’il y a en moi des domaines marqués par le péché et la désobéissance. Je te les confesse et je m’engage à y renoncer, tandis que j’avance dans ta grâce. Merci de mettre la puissance de ton Esprit à notre disposition. Que l’Esprit de vérité soit à l’œuvre en moi dès aujourd’hui, dans tous les domaines de ma vie et de mon ministère. Amen.

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