Orgueil ou humilité — Partie 4

Derek Prince
Published: 2014
Last Updated: November 2026
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L’humilité envers les autres révèle si notre attitude envers Dieu est juste. Abraham laisse Lot choisir en premier et Jacob se réconcilie avec Ésaü : leurs exemples montrent que s’humilier s’oppose à l’orgueil, préserve l’unité et ouvre la voie à l’héritage promis par Dieu.
Au cœur de ce titre, « Orgueil ou humilité », se trouve une loi spirituelle éternelle qui opère dans tous les détails de notre vie, cette loi qui régit simultanément tout l’univers. Dans Matthieu 23:12, Jésus a proclamé cette loi pour la première fois :
« Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. »
Cette même loi est répétée deux fois de plus dans le Nouveau Testament, chaque fois venant de la bouche de Jésus lui-même. Jésus attachait une importance particulière à ce principe et rappelait sans cesse à ses auditeurs comment ce principe agissait dans leur vie.
Une exigence essentielle
Au cours des trois enseignements précédents sur ce sujet, j’ai expliqué comment ce principe s’applique dans notre relation personnelle avec Dieu. L’abaissement de soi est une condition essentielle pour venir à Dieu pour la première fois, puis pour tout progrès ultérieur dans la vie spirituelle. La Bible dit toujours : « Humiliez-vous, humiliez-vous. » En d’autres termes, c’est quelque chose que nous devons faire. Cela vient de la volonté et s’exprime par des actes appropriés.
Dans ce quatrième enseignement, je vais pousser ce principe un peu plus loin, en montrant comment il s’applique dans notre relation avec les autres croyants. Voyez-vous, notre attitude envers Dieu est souvent révélée dans notre attitude envers les hommes. Cela est particulièrement vrai en matière d’humilité : elle doit s’exprimer non seulement envers Dieu, mais aussi envers les hommes.
Nous avons souvent tendance à nous tromper en la matière. Nous prétendons avoir la bonne attitude envers Dieu, mais, dans nos rapports avec nos semblables, nous démontrons une attitude complètement différente et incorrecte. Le fait est que si nous avons vraiment la bonne attitude envers Dieu, cela se manifestera également dans notre attitude et notre manière d’agir envers nos semblables. Mais si une mauvaise attitude envers les hommes se manifeste, c’est une indication que certains aspects de notre attitude envers Dieu ne sont pas bons.
Trois passages instructifs sur l’abaissement de soi
En ce qui concerne l’abaissement de soi, nous devons appliquer ce principe non seulement dans notre relation directe avec Dieu, mais aussi dans notre relation avec nos semblables. L’abaissement de soi est demandé à divers endroits dans le Nouveau Testament. Regardons trois exemples, à partir de Philippiens 2:3 :
« Ne faites rien par ambition personnelle ni par vanité ; avec humilité, au contraire, estimez les autres supérieurs à vous-mêmes. »
Remarquez, l’humilité se manifeste en estimant les autres personnes supérieures à nous-mêmes. C’est à l’opposé de l’ambition personnelle ou de la vanité.
Ensuite, nous lisons une déclaration courte mais très importante dans Éphésiens 5:21 :
« Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte du Christ. »
L’implication est très claire. Si nous avons vraiment la crainte du Christ, cela se manifestera dans notre attitude envers notre prochain. Nous ne serons pas seulement soumis à Christ, mais également soumis les uns aux autres. Si nous prétendons être soumis à Christ, mais que nous ne sommes pas soumis les uns aux autres, alors notre prétendue soumission à Christ n’est pas véritable.
Notre troisième exemple scripturaire se trouve dans 1 Pierre 5:5 :
« Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité ; car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. »
J’aime citer la traduction de J.B. Phillips de ce verset, qui dit : « En effet, vous devez tous vous soumettre les uns aux autres et revêtir la “tenue de travail” de l’humilité en vous servant les uns les autres » (traduction de l’anglais). Dans le grec, le mot qui est traduit par « revêtir » signifie spécifiquement mettre un certain type de tablier qui était porté uniquement par les esclaves. En d’autres termes, Pierre dit : « Ayez l’attitude d’un esclave envers les autres. » Telle est la véritable expression de l’humilité.
L’étonnante humilité d’Abraham
Regardons deux exemples de l’application de ce principe, tous deux pris dans l’Ancien Testament. L’un vient de la vie d’Abraham, l’autre de la vie de Jacob. Nous allons commencer par l’exemple de la vie d’Abraham, qui décrit la relation d’Abraham avec son neveu, Lot. Le récit se trouve dans Genèse 13:5-17. Il est assez long, mais il sera utile d’en étudier chaque partie. (Notez que Dieu n’a changé le nom d’Abram en Abraham que plus tard dans le récit.)
« Lot, qui voyageait avec Abram, avait aussi des brebis, des bœufs et des tentes. Et la contrée était insuffisante pour qu’ils demeurassent ensemble, car leurs biens étaient si considérables qu’ils ne pouvaient demeurer ensemble. Il y eut querelle entre les bergers des troupeaux d’Abram et les bergers des troupeaux de Lot. Les Cananéens et les Phérésiens habitaient alors dans le pays. Abram dit à Lot : Qu’il n’y ait point, je te prie, de dispute entre moi et toi, ni entre mes bergers et tes bergers, car nous sommes frères. » (Genèse 13:5-8)
Cette déclaration, « nous sommes frères », a une portée importante. L’Écriture dit qu’il y avait d’autres peuples vivant dans le pays, les Cananéens et les Phérésiens, qui étaient les ennemis potentiels d’Abraham et de Lot. Alors Abraham rappelle à son neveu : « En tant que frères, nous ne pouvons pas nous permettre de nous quereller. » Pourquoi devaient-ils s’entendre ? Parce qu’ils avaient des ennemis qui exploiteraient toute division entre eux. Comme cela est vrai du peuple de Dieu dans le monde aujourd’hui ! Continuons avec l’histoire pour voir comment Abraham se comporta envers Lot.
« Tout le pays n’est-il pas devant toi ? Sépare-toi donc de moi : si tu vas à gauche, j’irai à droite ; si tu vas à droite, j’irai à gauche. Lot leva les yeux, et vit toute la plaine du Jourdain, qui était entièrement arrosée. Avant que l’Éternel eût détruit Sodome et Gomorrhe, c’était, jusqu’à Tsoar, comme un jardin de l’Éternel, comme le pays d’Égypte. Lot choisit pour lui toute la plaine du Jourdain, et il s’avança vers l’orient. C’est ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. Abram habita dans le pays de Canaan et Lot habita dans les villes de la plaine, et dressa ses tentes jusqu’à Sodome. Les gens de Sodome étaient méchants, et de grands pécheurs contre l’Éternel. L’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu’un peut compter la poussière de la terre, ta postérité aussi sera comptée. Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai. » (Genèse 13:9-17)
Dans ce passage, nous voyons l’incroyable humilité d’Abraham. Aussi, je veux que vous voyiez les implications profondes de cette humilité. Abraham était le plus âgé, celui que Dieu avait choisi, l’homme à la vocation particulière, l’homme à qui appartenait l’héritage. Lot était son neveu qui, pour ainsi dire, ne faisait qu’accompagner Abraham dans son parcours.
Toutefois, lorsque le temps est venu pour eux de se séparer, Abraham n’a pas pris une position arrogante. Il n’a pas dit : « Je suis l’aîné, donc je vais choisir en premier. Voilà ce que je veux. » Il a fait un geste qui m’étonne vraiment. Il a laissé Lot choisir en premier, de son plein gré. Abraham dit : « Quoi que tu choisisses, ce sera à toi. Je prendrai ce qui reste. » N’est-ce pas de l’humilité ? Cependant, dans les derniers versets, nous voyons la récompense de l’humilité. Examinons à nouveau ces versets.
« L’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. […] Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai. » (Genèse 13:14-17)
Abraham voit son héritage uniquement après l’acte d’abaissement de soi. Jusqu’à ce moment, il se tenait au beau milieu de l’héritage, mais Dieu ne le lui avait pas vraiment révélé. Dieu a choisi de le lui révéler seulement après qu’il se soit abaissé lui-même devant son jeune neveu, Lot. Quelle image de la récompense de l’abaissement de soi ! Voyez-vous, Dieu regarde nos actions, il voit nos motivations et il œuvre toujours selon ce principe : celui qui s’abaisse sera élevé.
Jacob s’incline
Le deuxième exemple d’abaissement de soi est tiré de la vie de Jacob. Je veux vous montrer que Jacob ne pouvait revenir dans son héritage qu’après s’être abaissé, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant son frère Ésaü.
Initialement, Jacob avait usurpé le droit d’aînesse d’Ésaü par une ruse assez mesquine. Puis, il avait été délibérément trompeur afin d’obtenir la bénédiction du père, et cette tactique ne l’avait amené nulle part. À la suite de ces deux actions sournoises et cruelles, il a été forcé de fuir son héritage comme un fugitif, sans rien à part un bâton dans la main. Il a passé les vingt années suivantes en exil, à travailler comme serviteur pour son oncle Laban. Mais dans son exil et son service, Dieu bénit Jacob, lui donnant à la fois une famille et de nombreux biens. À un moment donné, le Seigneur parla à Jacob et lui dit : « Maintenant, il est temps pour toi de retourner dans le pays que j’ai promis de te donner. »
Rassemblant ses femmes, ses enfants et ses troupeaux, Jacob prit le chemin du retour vers l’ouest. Quand il atteignit la frontière du pays qui lui avait été promis, il vécut une expérience remarquable. L’Écriture nous dit qu’une nuit, alors que Jacob était seul, un ange lutta avec lui toute la nuit. Pourtant, Jacob avait tant de force en lui-même que l’ange ne pouvait l’emporter contre lui. Finalement, l’ange tendit simplement un doigt et toucha la hanche de Jacob, qui se déboîta, le laissant sans force. Jacob se cramponna alors à l’ange et le supplia de le bénir, ce que l’ange lui accorda. Mais, à partir de ce moment-là, Jacob marcha toujours en boitant. Que signifie cette boiterie ? Cela signifie la fin de notre propre force et de notre propre confiance en nous-mêmes. C’est notre reconnaissance que nous ne pouvons pas progresser sans dépendre du Seigneur.
Après cette rencontre avec l’ange, Jacob devait encore rencontrer son frère Ésaü, qui était juste de l’autre côté du gué. Il avait entendu dire qu’Ésaü venait à sa rencontre avec quatre cents hommes armés, et il était terrifié. Il pensait que ce serait la fin pour lui, sa famille et tout ce qu’il avait. Mais nous voyons ce qui est arrivé en lisant Genèse 33:1-4 :
« Jacob leva les yeux, et regarda ; et voici, Ésaü arrivait, avec quatre cents hommes. Il répartit les enfants entre Léa, Rachel et les deux servantes. Il plaça en tête les servantes avec leurs enfants, puis Léa avec ses enfants, et enfin Rachel avec Joseph. Lui-même passa devant eux ; et il se prosterna en terre sept fois, jusqu’à ce qu’il fût près de son frère. Ésaü courut à sa rencontre ; il l’embrassa, se jeta à son cou, et le baisa. Et ils pleurèrent. » (Genèse 33:1-4)
Voyez-vous cette belle image ? Voici Jacob, l’homme à qui appartenaient le droit d’aînesse, la bénédiction et tout l’héritage. Il était celui qui avait lutté avec l’ange et rencontré le Seigneur. C’était l’homme que Dieu avait choisi. De l’autre côté, venant à sa rencontre, il y avait Ésaü, l’homme charnel, l’homme qui méprisait sa bénédiction, l’homme que Dieu ne pouvait pas accepter à cause de sa mauvaise attitude envers les choses spirituelles. Pourtant, lors de leur rencontre, Jacob, l’homme spirituel, se prosterna sept fois devant son frère offensé.
Que signifie le chiffre sept ? Il parle de l’Esprit Saint. Il parle de l’humilité produite par le Saint-Esprit. Jacob avait appris la leçon : il avait découvert que l’orgueil ne le mènerait nulle part. Il s’était humilié devant l’ange, mais cela ne suffisait pas. Maintenant, Jacob s’abaissait devant son frère. Son abaissement a apporté la réconciliation avec son frère et lui a ouvert la voie pour entrer en toute sécurité dans l’héritage que Dieu avait promis.
Nous voyons que, bien que Dieu eût promis l’héritage, Jacob ne pouvait le recevoir tant qu’il ne s’était pas humilié devant Dieu et devant son frère.
Un pas à faire ?
Permettez-moi de conclure cet enseignement par une question : y a-t-il un pas que le Seigneur souhaite vous voir faire en réponse à ce que vous venez de lire ? Peut-être, comme Abraham, le Seigneur vous conduit-il à répondre avec humilité afin de recevoir une plus grande part de son héritage pour vous. Ou peut-être, comme Jacob, une réconciliation avec quelqu’un attend-elle un pas d’humilité de votre part ?
Quoi qu’il en soit, je vous encourage à demander au Seigneur la réponse qu’il souhaite que vous apportiez. Ensuite, faites résolument le pas qu’il vous conduit à faire.

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