La foi comme un fruit

Derek Prince
Published: 2007
Last Updated: October 2026
Read Time: 14
Les dons spirituels expriment les capacités, mais le fruit spirituel révèle le caractère. Dans cette lettre d’enseignement, la foi est présentée comme une confiance grandissante en Dieu et une fidélité envers les autres, enracinées dans la fidélité de Dieu.
Dans ma lettre précédente, nous avons étudié les neuf dons spirituels énumérés par Paul dans 1 Corinthiens 12:8-10, en accordant une attention particulière à la foi en tant que don spirituel. Nous abordons maintenant la liste des neuf formes du fruit spirituel donnée par Paul dans Galates 5:22-23 :
Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. (Segond 21)
La septième forme du fruit mentionnée ici est la foi. Les versions récentes proposent différentes traductions, telles que « fidélité », « loyauté » ou « confiance ». Cependant, le nom grec employé par Paul est pistis. C’est le terme fondamental utilisé pour désigner la foi dans tout le Nouveau Testament.
Le fruit et les dons
Pour mettre en évidence la différence, nous pouvons comparer un sapin de Noël et un pommier. Un sapin de Noël porte des cadeaux, tandis qu’un pommier porte du fruit. Un cadeau est attaché au sapin de Noël et en est retiré par une action unique et rapide. Il n’existe aucun lien direct entre le sapin et le cadeau : l’arbre peut être un sapin et le cadeau une cravate. Le cadeau ne nous apprend rien sur la nature de l’arbre auquel il est attaché.
En revanche, il existe un lien direct entre un pommier et le fruit qu’il porte. La nature de l’arbre détermine la nature du fruit, tant dans son espèce que dans sa qualité. Un pommier ne peut jamais porter une orange. Un arbre sain ne portera jamais de mauvais fruits (voir Matthieu 7:17-20). Le fruit du pommier n’est pas produit par une action unique, mais résulte d’un processus constant de croissance et de développement. Pour produire les meilleurs fruits, l’arbre doit être soigneusement cultivé. Cela demande du temps, de la compétence et du travail.
Appliquons cette simple analogie au domaine spirituel. Un don spirituel est à la fois communiqué et reçu au cours d’une transaction unique et rapide. Il ne nous apprend rien sur la nature de la personne qui l’exerce. En revanche, le fruit spirituel exprime la nature de la vie dont il procède ; il ne vient que comme le résultat d’un processus de croissance. Pour produire les meilleurs fruits, une vie doit être soigneusement cultivée, avec du temps, de la compétence et du travail.
Nous pouvons exprimer cette différence d’une autre manière : les dons expriment les capacités, tandis que le fruit exprime le caractère.
Lequel est le plus important ? À long terme, le caractère est sans aucun doute plus important que les capacités. L’exercice des dons est temporaire. Comme Paul l’explique dans 1 Corinthiens 13:8-13, un temps viendra où les dons ne seront plus nécessaires. Mais le caractère est permanent. Le caractère que nous développons dans cette vie déterminera ce que nous serons pendant toute l’éternité. Un jour, nous laisserons nos dons derrière nous, mais notre caractère nous accompagnera pour toujours.
Toutefois, nous ne devons pas choisir l’un au détriment de l’autre. Les dons n’excluent pas le fruit, et le fruit n’exclut pas les dons. Ils sont plutôt destinés à se compléter mutuellement. Les dons doivent permettre au caractère de s’exprimer concrètement, tout comme ils l’ont fait parfaitement dans la personne de Jésus lui-même. Son caractère aimant et bienveillant s’est exprimé par l’exercice le plus complet possible des dons spirituels. Ce n’est qu’au moyen de ces dons qu’il pouvait répondre aux besoins des personnes auprès desquelles il était venu exercer son ministère, exprimant ainsi pleinement la nature de son Père céleste qu’il était venu représenter (voir Jean 14:9-11).
Nous devons chercher à suivre le modèle de Christ. Plus nous développons les attributs qui caractérisaient Jésus — l’amour, la sollicitude et la compassion —, plus nous aurons besoin des mêmes dons qu’il exerçait afin de donner une expression pratique à ces attributs. Plus nous serons pleinement équipés de ces dons, plus grande sera notre capacité à glorifier Dieu notre Père, comme Jésus l’a fait.
Le fruit exprime donc le caractère. Lorsque les neuf formes du fruit spirituel sont présentes et pleinement développées, elles représentent la totalité du caractère chrétien, chaque forme du fruit répondant à un besoin particulier et complétant les autres. Dans cette totalité, le fruit de la foi peut être considéré sous deux aspects qui correspondent à deux emplois différents mais liés du mot grec pistis. Le premier est la confiance ; le second, la fidélité.
La foi comme confiance
Le premier aspect de la foi comme fruit est la confiance. La version anglaise Jerusalem Bible traduit pistis par trustfulness, c’est-à-dire « confiance ». À de nombreuses reprises, Jésus a souligné que l’une des conditions requises de tous ceux qui veulent entrer dans le royaume de Dieu est de devenir comme de petits enfants (voir Matthieu 18:1-4 ; 19:13-14 ; Marc 10:13-16 ; Luc 18:15-17). Il n’existe probablement aucune qualité plus caractéristique de l’enfance que la confiance. Pourtant, paradoxalement, cette qualité atteint sa perfection chez les hommes de Dieu les plus mûrs, tels qu’Abraham, Moïse, David et Paul. Nous pouvons donc conclure que le degré auquel nous cultivons cette confiance constitue une bonne mesure de notre maturité spirituelle.
Plus précisément, le fruit de la foi — sous cet aspect — peut être défini comme une confiance calme, constante et inébranlable dans la bonté, la sagesse et la fidélité de Dieu. Quelles que soient les épreuves ou les catastrophes apparentes rencontrées, la personne qui a cultivé cette forme de fruit demeure calme et paisible au milieu de tout cela. Elle possède une confiance inébranlable dans le fait que Dieu garde le contrôle total de chaque situation et qu’en toutes circonstances, il accomplit son dessein de bénédiction pour chacun de ses enfants.
La manifestation extérieure de cette sorte de confiance est la stabilité. David en donne une belle image dans le Psaume 125:1 :
Ceux qui se confient en l’Éternel sont comme la montagne de Sion : elle ne chancelle point, elle est affermie pour toujours.
Toutes les montagnes de la terre peuvent trembler, être ébranlées et même disparaître complètement, sauf une. Sion ne pourra jamais être ébranlée. Dieu l’a choisie comme sa propre demeure, et elle seule subsistera pour toujours.
Il en est ainsi du croyant qui a appris à faire confiance. Tous ceux qui l’entourent peuvent céder à la panique et à la confusion, mais lui demeure calme et en sécurité.
La fondation qu’il a posée est dans les montagnes de sainteté. (Psaume 87.1, Darby)
Nous devons savoir avec certitude que notre âme est en sécurité entre les mains du Seigneur. La clé de cette sorte de confiance est l’engagement. Nous commençons par remettre définitivement et personnellement notre vie à Jésus-Christ. Puis, à l’heure de l’épreuve — peut-être au seuil même de l’éternité —, nous n’avons pas besoin de prendre un nouvel engagement. Nous devons simplement nous reposer dans celui que nous avons déjà pris, un engagement qui incluait à la fois la vie et la mort, le temps et l’éternité.
Dans le Psaume 37:5, David dit :
Recommande ton sort à l’Éternel, mets en lui ta confiance, et il agira.
Littéralement, le verset dit : « Et il est en train d’agir. » Deux choses sont exigées de nous. La première est une action : « Recommande. » La seconde est une attitude : « Mets en lui ta confiance. » L’acte d’engagement conduit à l’attitude de confiance. Tant que nous demeurons dans cette attitude de confiance, David nous assure que Dieu « est en train d’agir ».
Remettre une affaire au Seigneur revient à déposer de l’argent à la banque. Une fois que nous avons reçu le reçu ou le bordereau de dépôt du guichetier, nous n’avons plus à nous préoccuper de la sécurité de notre argent. Cela relève désormais de la responsabilité de la banque. Il est ironique que certaines personnes n’aient aucune difficulté à faire confiance à une banque pour prendre soin de leur argent, mais qu’elles trouvent beaucoup plus difficile de faire confiance à Dieu concernant certaines questions personnelles essentielles.
L’exemple du dépôt bancaire illustre un élément important pour remettre effectivement quelque chose à Dieu. Lorsque nous sortons de la banque, nous emportons un reçu officiel indiquant la date, le lieu et le montant de notre dépôt. Il n’y a aucune incertitude. Nous devons être tout aussi précis concernant les choses que nous remettons à Dieu. Nous devons savoir, sans l’ombre d’un doute, ce que nous lui avons remis, quand et où cet engagement a été pris. Nous avons également besoin du « reçu » officiel du Saint-Esprit, attestant que Dieu a accepté notre engagement.
La confiance doit être cultivée
La confiance est semblable à toutes les autres formes de fruit : elle doit être cultivée et passe par différentes étapes de développement avant d’atteindre sa pleine maturité. Les paroles de David dans le Psaume 62 illustrent bien le développement de la confiance : « Lui seul est mon rocher et mon salut, ma haute retraite ; je ne serai pas beaucoup ébranlé » (v. 3, Darby). Mais après avoir fait exactement la même déclaration de confiance en Dieu, il dit : « Je ne serai pas ébranlé » (v. 7, Darby). Entre les versets 3 et 7, David est passé de « ne pas être beaucoup ébranlé » à « ne pas être ébranlé du tout ».
Nous devons être aussi honnêtes envers nous-mêmes que David l’était. Avant que notre confiance n’atteigne sa maturité, le mieux que nous puissions dire est : « Je ne serai pas beaucoup ébranlé. » À ce stade, les difficultés et l’opposition nous ébranleront, mais elles ne nous renverseront pas. Toutefois, si nous continuons à cultiver notre confiance, nous atteindrons le stade où nous pourrons dire : « Je ne serai pas ébranlé », un point, c’est tout ! Rien ne pourra plus nous ébranler, et encore moins nous renverser.
Cette sorte de confiance se situe dans le domaine de l’esprit plutôt que dans celui des émotions. Nous pouvons nous tourner une nouvelle fois vers le témoignage personnel de David pour l’illustrer. Il dit au Seigneur : « Quand je suis dans la crainte, en toi je me confie » (Psaume 56.4, LSG). David reconnaît ici deux influences contradictoires qui agissent simultanément en lui : la confiance et la crainte. La crainte est superficielle, dans les émotions ; la confiance est plus profonde, dans l’esprit.
La confiance parvenue à maturité ressemble à un fleuve profond et puissant qui se dirige irrésistiblement vers la mer. Par moments, les vents de la crainte ou du doute peuvent souffler à contre-courant et soulever des vagues écumantes à la surface. Mais ces vents et ces vagues ne peuvent ni modifier ni entraver le courant profond et continu des eaux sous la surface : elles suivent le chemin tracé par le lit du fleuve jusqu’à leur destination fixée d’avance, la mer.
La confiance dans sa pleine maturité est magnifiquement illustrée par les paroles de Paul dans 2 Timothée 1:12 :
C’est pourquoi aussi je souffre ces choses ; mais je n’ai pas de honte, car je sais qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder ce que je lui ai confié, jusqu’à ce jour-là. (Darby)
Selon tous les critères du monde, Paul était alors un homme qui avait échoué. Certains de ses amis et soutiens les plus influents s’étaient retournés contre lui. Parmi tous ses proches collaborateurs, seul Luc était resté avec lui. Démas l’avait bel et bien abandonné et était retourné dans le monde. Paul était affaibli et âgé, prisonnier enchaîné dans une geôle romaine, attendant un procès injuste et son exécution par un despote cruel et dépravé. Pourtant, ses paroles retentissent avec une assurance paisible et inébranlable. Au-delà de l’horizon du temps, il attend un jour sans nuages, « ce jour-là » où le juste Juge lui remettra « la couronne de justice » (2 Timothée 4.8).
Pour Paul, comme pour David, la confiance était le résultat d’un acte d’engagement. Il l’exprime par ces paroles : « Il a la puissance de garder ce que je lui ai confié. » L’acte de confier avait fait naître la confiance. Des années auparavant, Paul s’était irrévocablement engagé envers Christ. Les épreuves et les souffrances qui ont suivi ont progressivement fait naître une confiance toujours plus profonde, parvenue à son plein épanouissement dans un cachot romain. Son éclat ressortait d’autant plus qu’il contrastait avec l’obscurité du lieu.
La foi comme fidélité
Nous abordons maintenant le second aspect de la foi comme fruit : la fidélité. Sur le plan linguistique, la fidélité est en réalité le sens premier de pistis. Dans le lexique grec de référence du Nouveau Testament d’Arndt et Gingrich, la première définition précise donnée de pistis est : « fidélité, fiabilité ». Si nous remontons à l’Ancien Testament, il en va de même pour le mot hébreu traduit par « foi », emunah. Son sens premier est « fidélité » ; son sens second est « foi ». Le verbe dont il dérive nous donne le mot amen : « Qu’il en soit ainsi » ou « Que cela soit confirmé ».
Ces deux significations convergent dans la personne et la nature de Dieu lui-même. Si nous considérons la foi comme confiance, son fondement ultime est la fidélité de Dieu. Si nous considérons la foi comme fidélité, c’est seulement par notre confiance que le Saint-Esprit peut nous communiquer la fidélité de Dieu. Dieu lui-même est à la fois le commencement et la fin de la foi. Sa fidélité est l’unique fondement de notre confiance ; notre confiance en lui reproduit sa fidélité en nous.
Aucun attribut de Dieu n’est probablement davantage souligné dans les Écritures que sa fidélité. Dans l’Ancien Testament, un mot hébreu particulier est réservé à cet attribut : chesed. Il est traduit de différentes manières par « bonté », « bienveillance », « amour » ou « miséricorde ». Cependant, aucune de ces traductions n’en exprime pleinement le sens.
Le chesed de Dieu présente deux caractéristiques distinctives. Premièrement, il exprime sa grâce libre et imméritée. Il va au-delà de tout ce que l’être humain peut jamais mériter ou exiger comme un droit. Deuxièmement, il repose toujours sur une alliance dans laquelle Dieu entre volontairement. Nous pouvons réunir ces deux caractéristiques en disant que le chesed est la fidélité de Dieu à accomplir les engagements de son alliance, lesquels vont au-delà de tout ce que nous pouvons mériter ou exiger.
Nous découvrons ainsi un lien étroit entre trois notions hébraïques importantes : emunah, la foi ou fidélité ; chesed, la fidélité de Dieu ; berith, l’alliance. C’est le thème récurrent de ce psaume :
Et ma fidélité [emunah] et ma bonté [chesed] seront avec lui… Je lui garderai ma bonté [chesed] à toujours, et mon alliance [berith] lui sera assurée [amen]… Mais je ne retirerai pas de lui ma bonté [chesed], et je ne démentirai pas ma fidélité [emunah] ; je ne violerai point mon alliance [berith], et je ne changerai pas ce qui est sorti de mes lèvres. (Psaume 89.25, 29, 34–35, Darby)
Le dernier verset met en évidence une relation particulière entre la fidélité de Dieu et les paroles de sa bouche. Dieu ne fera jamais deux choses : il ne rompra pas son alliance et ne reviendra pas sur ce qu’il a dit. La fidélité de Dieu, communiquée par le Saint-Esprit, reproduira en nous les mêmes caractéristiques. Elle fera de nous des personnes d’une intégrité et d’une honnêteté constantes.
Nous avons déjà vu que le chesed de Dieu, exprimé dans les engagements de son alliance, repose sur sa grâce et dépasse tout ce que nous, qui en sommes les bénéficiaires, pourrions jamais mériter ou exiger. Cela se reflétera aussi dans nos relations d’alliance avec les autres croyants. Nous ne nous limiterons pas aux seules exigences de la justice ou à une forme juridique de contrat. Nous serons prêts à nous engager aussi pleinement que Dieu l’a fait en établissant son alliance avec nous : à donner notre vie les uns pour les autres. « Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères » (1 Jean 3.16, LSG). C’est en donnant notre vie que nous entrons dans une pleine relation d’alliance avec Dieu et les uns avec les autres.
L’Écriture présente un tableau effrayant de l’effondrement des normes morales et éthiques qui marquera la fin de l’époque actuelle (voir 2 Timothée 3:1-4). Alors que le monde s’enfonce toujours plus profondément dans les ténèbres, le peuple de Dieu doit, par contraste, être plus déterminé que jamais à marcher dans la lumière de la communion. Nous devons nous montrer à la fois disposés et capables d’entrer dans les relations d’alliance dont dépend la communion et de les maintenir. Dans ce but, nous devrons cultiver jusqu’à sa maturité le fruit de la fidélité.
Résumé
Le fruit spirituel diffère des dons spirituels de deux manières principales. Premièrement, un don spirituel peut être communiqué et reçu au cours d’une transaction unique et rapide ; le fruit doit être cultivé par un processus continu qui demande du temps, de la compétence et du travail. Deuxièmement, les dons ne sont pas directement liés au caractère de ceux qui les exercent, tandis que le fruit exprime le caractère. Idéalement, le fruit et les dons devraient s’équilibrer dans une combinaison qui glorifie Dieu et sert l’humanité.
En tant que forme du fruit, la foi peut être comprise de deux manières distinctes : comme confiance et comme fidélité. La confiance se manifeste par une stabilité qui augmente à mesure qu’elle mûrit. Elle exige un acte initial d’engagement. Nous fondons notre confiance sur la fidélité de Dieu. Dieu manifeste sa fidélité envers nous en accomplissant les engagements de son alliance, lesquels vont au-delà de tout ce que nous pouvons mériter ou exiger. En retour, cette fidélité fait de nous des personnes disposées et capables de prendre des engagements d’alliance et de les tenir, aussi bien avec Dieu qu’avec les autres.

Free Download
This Teaching Letter is available to download, print and share for personal or church use.
Download PDFCode: TL-L060-100-FRA












